Retour au format normal : La spéculation mathématique ça marche
20 mai 2002
par hegel
La spéculation mathématique
Les marchés boursiers devenant de plus en plus imprévisibles, la volatilité de plus en plus forte sans explication rationnelle, économique ou même graphique, les marchés de plus en plus étroitement liés entre eux, il devient primordial d’adapter l’approche de la spéculation boursière au caractère tumultueux et instable de tous les produits financiers, des actions, obligations, et options aux contrats à terme sur les matières premières, les taux d’intérêt, les devises, les indices boursiers etc. Il ne s’agit plus de se positionner sur des produits bien étudiés et puis d’attendre un an deux ans, 10 ans car pratiquement tous les gérants de portefeuille, même les plus conservateurs , commencent à réaliser et à accepter plus ou moins difficilement qu’ils ne peuvent se dispenser de surfer à court terme sur les vagues de cet océan agité.
D’abord il faut faire le choix parmi tous les produits financiers de plus en plus nombreux : actions, obligations, fonds d’investissement, devises, marchés à terme, options etc . La Mathématique est une science extraordinaire, et sa fille, la probabilité est le seul et unique support sur lequel je m’appuie pour faire mes choix de trading, d’une part pour déterminer quel type de produit traiter et d’autre part comment le traiter de manière optimale.
Comme je vais le démontrer ci-dessous, les options sur les contrats futures sont incontestablement le meilleur produit financier à trader de tous les produits qui existent sur la planète boursière. Elles permettent d’avoir le plus haut rapport entre le gain potentiel et le risque inhérent à la position. Par exemple, une stratégie d’options sur le pétrole peut contenir comme risque maximum 1000 usd quelque soit l’évolution du cours et avoir un profit potentiel de 8 000 usd.
Nous allons voir tout d’abord le principe du marché financier puis découvrir le principe du « Croupier » , une méthode mathématique qui permet d’avoir 4 chances sur 5 de gagner à une échéance donnée.
Le principe du marché financier
Un produit, que ce soit une action , une devise, une matière première ou un indice boursier a trois possibilités de mouvement :
1) Il monte 2) Il baisse 3) Il flotte dans un couloir.
Si vous achetez vous avez une chance sur 3 d’avoir raison. De même si vous vendez. Par conséquent, dés que vous initiez une opération, vous avez au départ deux chances sur 3 de vous tromper. Bien que cette probabilité soit à votre désavantage, vous faites l’opération car vous croyez, vous espérez que votre analyse, fondamentale ou graphique, va largement compenser cet handicap. Mais si vous réalisez qu’en fait vous n’avez qu’une chance sur 5 d’avoir raison, vous chercherez une toute autre stratégie de spéculation.
Des études statistiques ont montré qu’un produit financier évolue en général de la manière suivante pendant une période donnée :
1) il monte pendant 20% de cette période 2) il baisse pendant 20% de cette période 3) il stagne ou flotte dans un couloir 60% de cette période.
Donc quand vous spéculez sur une baisse ou une hausse vous n’avez effectivement qu’une chance sur 5 d’avoir raison. Encore faut il intégrer le facteur temps pour pouvoir clôturer la position au moment opportun :
Vous achetez un contrat à terme sur l’or à 300 usd et le voilà une heure après à 302 usd. Vous avez sur le papier un gain de 2 usd. Que faites vous ? Vous encaissez votre profit ou vous laissez courir le gain ? Vous êtes encore confronté à une décision d’achat ou de vente. Si vous laissez courir, c’est exactement comme si vous avez décidé d’acheter à 302 usd. Et par conséquent , vous venez de faire un choix où, encore une fois, vous n’avez qu’une chance sur 5 d’avoir raison. Et ainsi de suite vous cumulez des décisions (en diminuant de façon exponentielle vos chances de gain final).
Comment renverser la donne pour avoir dès le départ 4 chances sur 5 de gagner, et sans avoir à spéculer sans arrêt sur la direction future du marché ?
Le principe du Croupier
Quand vous jouez au Casino, vous avez en face de vous un croupier qui vous donne les cartes et contre lequel vous jouez. Mathématiquement, vous avez moins de chances de gagner que lui.
En effet, le croupier ne distribue pas que des cartes. Il distribue du temps ! Plus vous jouez, plus sa probabilité de gain augmente. Dans le marché financier il est otalement possible de vendre du temps et d’entrer dans la logique du croupier :
Au lieu de chercher dans quel sens un produit financier va évoluer, il faut plutôt chercher là où il ne va probablement pas évoluer. De manière à éliminer une des trois possibilités de mouvement du produit. Si vous pensez que ce dernier devrait monter, vous vous positionnez en stratégies d’options de manière à gagner s’il monte et s’il stagne. Ce qui revient à avoir 80% de chances de gagner à l’échéance (20% pour la hausse + 60% pour la stagnation).
Etudions en détail deux exemples concrets tirés de nos dernières opérations :
Opération sur le grain de soja
Nous avons initié la position de telle manière que nous sommes assurés de gagner non seulement si le grain de soja évolue tel que nous l’avons prévu, mais surtout nous ne perdons pas (et même à un certain niveau nous faisons un léger profit) si le marché se retourne contre nous. Ce type de position n’est pas notre invention, elle est connue et utilisée par les professionnels : c’est le « Ratio Spread ». Une position qui est initiée en achetant une option proche du cours et en vendant deux ou plusieurs options assez loin du cours. Alors que le contrat future du grain de soja, échéance Novembre, se traitait à 6$ nous avons acheté un call soja Novembre avec un prix d’exercice 7$ ( strike ) et vendu 2 calls avec un prix d’exercice 10$. Le call 7$ valait 20 cents nous avons donc payé ( 0.20$ X 50$ par penny ) = 1000 $ et le call 10$ valait 12 cents nous avons donc encaissé (0.24 X 50) = 1200 $
Au total nous avons un crédit de 200 usd. Ce crédit est très important. Voici pourquoi :
1) D’abord, si le marché monte comme nous l’avons prévu, nous recevons un profit de 50$ pour chaque penny du grain de soja au dessus de 7$ à l’expiration ( jusqu’à 10$ ) pour un gain potentiel maximum de 15 000 $. 2) Contrairement à un achat ordinaire d’options, nous n’avons rien eu à payer pour acheter le call 7$, puisque nous l’avons financé par la vente des 2 calls 10 $. 3) Nous avons pu initier cette opération en mettant à profit la disparité de prix entre différentes options d’un même produit. Une disparité suffisamment fréquente dans les marchés des métaux (Or , Argent , Cuivre) et des grains où les options proches du cours ont une volatilité plus faible que celles éloignées du cours.
Nous avons, en fait, vendu du temps en encaissant les primes de tous ceux qui parient que le marché va aller au-delà de 10$ avant Novembre. Chaque jour qui passe, compris Samedi, dimanche et jours fériés, les calls 10$ que nous avons vendus baissent car l’échéance se rapproche et ceux qui nous les ont acheté perdent lentement de l’argent.
Nous avons remarqué que de plus en plus de particuliers se lancent dans les options, mais avec un savoir faire relativement faible. Ce qui se traduit par une demande croissante des options disons « peu chères » et qui sont loin du cours. Et c’est ainsi qu’on arrive à avoir quelques fois les options proches du cours presqu’au même prix que celles qui en sont éloignées. C’est le moment idéal d’initier alors le « Ratio Spread ».
Je suis en train d’écrire ce livre...